Sur les routes laotiennes, les accidents de la circulation provoquent des décès quotidiennement.
Il semble pourtant que la gravité de la situation reste ignorée de la majorité de la population !
Comment, en effet, expliquer que la méconnaissance des mesures de sécurité les plus élémentaires demeure le comportement d’un si grand nombre ? La plupart des motocyclistes ne portent pas de casque ; presque aucun automobiliste ne met sa ceinture de sécurité ; en voiture ou en moto, tout le monde téléphone en conduisant…
Le non respect du code de la route est le comportement le plus répandu parmi les conducteurs. Aux intersections, les plus gros véhicules ont pris pour habitude de forcer le passage sans égard ni pour les panneaux de circulation, ni pour le code de la route. De ce genre de conduites, il résulte que désormais, bien peu de véhicules s’arrêtent aux stops, les feux rouges semblent être devenus optionnels, les sens interdits facultatifs…
Que doit-on penser de tels agissements ? Certains y voient de l’insouciance, d’autres de l’effronterie, d’autres encore de l’agressivité.
Mais ces comportements ne seraient-ils pas plutôt dus à l’ignorance ?
Ignorance du code de la route, bien sur. Mais bien plus grave : une ignorance des choses comme elles sont ou une incapacité à percevoir correctement la réalité quotidienne. Une ignorance des relations de causes à effets, raison pour laquelle la plupart d’entre nous s’obstinent à mal conduire sans comprendre que cela peut avoir des conséquences néfastes pour nous-mêmes ainsi que pour ceux qui nous entourent.
Cette situation n’est absolument pas spécifique du Laos. Dans de nombreux pays sur tous les continents, telle une pandémie, les accidents de la route causent chaque jour plus de victimes.
L’objectif de ce travail photographique est d’informer les spectateurs et de les aider à appréhender la portée de la situation actuelle au Laos. Grâce à une série de trois d’images, chaque tableau nous raconte une courte histoire. Les photos nous montrent une succession d’événements afin de souligner leur relation de causalité.
Ces histoires sont des reconstitutions, bien sur. Mais elles sont inspirées par les témoignages des accidentés ou par ceux de leur famille. Ces photos ont été prises dans les hôpitaux de Vientiane. La souffrance qu’elles nous montrent est bien réelle. |